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Thérèse Desqueyroux François Mauriac


Très beau roman! Quel talent!

François Mauriac a basé cette histoire sur un fait divers dont il avait assisté au jugement lorsqu'il était plus jeune. Il est question d'une femme qui a tenté d'assassiner son mari. Une tentative de meurtre? un policier m'interrogerez vous? Absolument pas mais un huit dans un couple avant et après le geste.

François Mauriac a choisi de ne pas stigmatiser une partie de la population: les acteurs de ce drame ne sont pas dans la misère, le mari n'est pas un homme violent ou alcoolique, non rien de tout cela. Thérèse est une femme intelligente qui choisit d'épouser le frère de sa meilleure amie. Les deux promis sont issus de bonne famille et l'argent ne manque pas. Ce qui est absent: très certainement de l'affection, de la réflexion sur cette union.

En effet, très rapidement Thérèse ne se sent pas heureuse, l'homme l'ennui, ses devoirs conjugaux sont quelque chose qu'il faut endurer. On découvre un personnage qui s'est construit sa propre prison, enfermée dans sa solitude qui rêve de liberté. Petit à petit on se prend d'affection pour cette femme singulière emmurée dans un milieu de convenance et de faux semblants, il faut toujours agir dans le sens de la famille. L'apparence, la perception domine et on mesure la douleur de Thérèse Desqueyroux qui ne voit qu'une porte de sortie: empoisonner son mari.

Le roman pourrait en rester là, mais non la meurtrière n'est pas condamnée, après son geste elle est libérée et doit retourner auprès de son époux. Faire face à celui qu'elle a tenté de tuer est il plus dure que d'être jetée en prison? De fait, une fois encore elle est enfermée mais son cachot est différent, c'est celui du désespoir, de la vie dont on ne veut plus....  Un retour à la case départ mais surveillé, le geôlier n'est tout simplement pas le même.

François Mauriac parvient à nous faire oublier le geste, à ne voir que les raisons, à faire preuve de compréhension et même d'être triste qu'elle n'ait pas réussi à se débarrasser de son époux au demeurant pas méchant.

Il aborde la prison du mariage pour une femme que l'on devine homosexuelle, la prison sociale pour une femme cultivée et aux idées originales à laquelle on n'autorise pas de penser.

Mais un espoir né, celui d'une meilleure vie. On ne peut que souhaiter qu'elle y parviendra ainsi que peut être de se libérer de son fardeaux de culpabilité afin de pouvoir enfin être elle même. 


Quelques réflexions en vrac:

Lui pardonne-t-on uniquement parce qu'elle a échoué? La position du lecteur aurait elle été difficile si elle était parvenu à ses fins?

Se roman s’intéresse -t- il à l'idée de reprendre le contrôle de sa vie par tous les moyens possible tel le meurtre mais aussi par le biais de la maladie. En effet, sans que le mot soit prononcer, dans la seconde partie, ce que l'auteur décrit pourrait laisser penser à de l’anorexie. L'abandon de toute lutte pour vivre n'est elle pas aussi une rébellion contre sa nouvelle prison. Est ce un acte de résistance contre la vie qu'on lui impose?

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